#90
Returns/Retours

Possédé

Traduction de Sophie Giroux-Tremblay et d’Alexis Legault

À son retour, il était différent, mais qui d’autre l’aurait deviné ? Il avait la même démarche, la même peau. Le long visage, les cheveux noirs, la même expression un peu surprise. Il est sorti des profondeurs du tunnel des arrivées et s’est arrêté sous les néons de l’aéroport, tout sourire, et le sourire était à moi, pour moi. Il m’a embrassée, son odeur n’avait pas changé. J’ai attendu. J’ai attendu.
N’importe qui aurait changé. Lisez les histoires du Vietnam. De ces hommes qui sont revenus en morceaux, les jambes arrachées, des yeux en moins, muets. Et pas seulement ceux qui s’étaient fait éclater la mâchoire. Personne n’en parlait. Si on insistait, ils répondaient qu’il n’y avait rien à dire. Et si on insistait encore plus, ils disaient qu’il y avait beaucoup de boue. C’est tout ce qu’on arrivait à tirer d’eux, la boue.
J’avais lu beaucoup de ces témoignages avant son retour. Je m’étais sentie comme une étudiante, la veille d’un examen.
Je ne peux pas tirer grand-chose de plus de Dylan. Sauf qu’il n’y avait pas de boue en Afghanistan. Du sable, ça oui. Du sable dans les yeux et dans la bouche et dans toutes les fissures de ton corps. C’est ce qu’il disait. Venant de lui, le mot fissures était déconcertant, étrangement tendre. Il y avait manifestement réfléchi.

***

Je pense souvent aux toutes premières chirurgies plastiques. Pas aux horreurs du début, les sphères de verre en guise d’implants mammaires et les oreilles de cadavres cousues sur des têtes bien vivantes qui n’en avaient plus. Celles-là, j’en ai aussi entendu parler. Je parle plutôt de celles qui ont suivi les atrocités de la Première Guerre mondiale. De l’homme sans visage, brûlé à vif. Les médecins ont coupé un grand lambeau de sa poitrine et l’ont planté sur son front, ses paupières et son nez afin de ressusciter son visage. Le lambeau est resté relié à son torse par de longs tentacules de chair jusqu’à ce que l’irrigation sanguine soit suffisante. On pouvait voir la frustration des médecins envers leur œuvre qui se gondolait, se débattait, ne tombait pas comme ils l’auraient voulu.
Physiquement, Dylan va bien. Il a une petite ampoule sur le talon qui refuse de guérir. Elle pleure comme un œil. Il me laisse mettre un pansement dessus pour lui. Il me laisse tout faire pour lui. Il va toujours courir, il mange toujours des sandwichs au thon, il plie toujours ses chemises de la même manière. Mais une partie de lui s’est… égarée. Je crois que c’est le bon mot. Je le regarde et je vois des genres de fils qui le retiennent, comme s’il était un ballon dans un défilé, et que le défilé était dans le désert, qu’il serpentait dans la lumière dorée et le sable. Sans jamais s’arrêter. Dylan ne sursaute pas ; il ne se morfond pas, le regard vide. Il va bien, parfaitement bien. Il ne fait qu’employer des mots étranges parfois, des mots un peu européens ou je ne sais trop, des mots qui ne lui ressemblent pas. Fissures. Pull. Pote. Mon cœur mis à nu.

***

En regardant L’Exorciste on serait porté à croire qu’une tête peut réellement tourner sur elle-même, mais même l’Église affirme que ce n’est pas possible, être possédé, que c’est un genre de métaphore, d’une vie loin de Dieu, sans doute. Dylan n’est pas loin, il est ici dans son coton ouaté, ou plutôt son pull, avec son cœur mis à nu. Quand il me serre dans ses longs bras, je reconnais l’étreinte, les bras et les mains avec leurs poils noirs épars, les caresses et les je t’aime. Sa tête ne tourne pas sur elle-même, il est calme, il regarde le hockey les pieds sur le dossier du divan, comme il l’a toujours fait. Mais dans mon esprit, toujours cette image d’un nid de guêpes, d’une coquille grise parcheminée pleine d’insectes qui besognent et bourdonnent dans leur langue. Je n’ai aucune idée de ce que cela signifie.
Il ne bouge pas dans son sommeil. Il dit qu’il ne fait pas de cauchemars. Il ne fait pas de rêves du tout. Il respire de façon régulière pendant toute la nuit. Le matin, je lui demande s’il a bien dormi et il ne fait que sourire et s’étirer, lucide comme un enfant.
Tard hier soir, il était sur le divan devant son ordinateur, avec le chien. Quand je suis descendue, j’ai aperçu l’écran, les femmes nues qui se touchaient d’une main experte et efficace. Rien de trop bizarre. Je l’ai salué, il s’est retourné et m’a lancé le même sourire qu’avant, puis est revenu à son écran. Viens te coucher, je lui ai dit.
Regarde ça. De l’amour sans corps, il a répondu.
Des corps, j’en vois plein. Allez, il est tard.
Les femmes bougeaient lentement, comme si elles étaient prises dans du miel. Dylan a dit : Les corps n’ont pas d’importance. Les corps, ce n’est pas ça le but.
Le but de la porno ? De quoi tu parles ?
Je me suis assise sur le dossier du divan et je lui ai touché l’épaule. Dylan — as-tu vu des corps en Afghanistan ?
Il s’est retourné et m’a regardée, son visage illuminé par la lumière bleue de l’ordinateur. Le corps n’a jamais d’importance. C’est seulement un véhicule pour les expériences.
J’ai senti une percée. Avant qu’il n’ait refermé la bouche, j’ai grimpé par-dessus le divan pour m’agenouiller à ses pieds. J’ai posé une main sur sa jambe et j’ai dit : Chéri, je suis là. Tu es chez toi, on peut en parler. Tu peux tout me dire.
Il souriait encore, mais d’un sourire confus, un peu condescendant. Il a répondu : Bien sûr, Melly. Je vais rester ici encore un peu, OK ?

***

De l’amour sans corps. Oui, j’avais bien entendu. Je me suis assise sur le lit, seule. Il m’appelait Melly au début de notre relation, comme si j’étais une sainte tout droit sortie d’Autant en emporte le vent.
J’ai essayé de lire un gros roman. Je me suis rappelé l’obsession que j’avais, jeune, pour les Brontë ; davantage pour leur vie que pour leur œuvre. Jane Eyre et M. Rochester me laissaient de glace. Mais je pensais souvent à la mort de Charlotte Brontë, la dernière de ses jeunes frères et sœurs, incapable de croire à sa fin imminente, maintenant qu’elle était enfin heureuse, mariée et enceinte. Je m’étais mise à pleurer quand j’avais lu cela. Pourquoi donc ?
Peut-être que c’est de cela que parlait Dylan. Une relation imaginaire avec quelqu’un de bien réel, mais inaccessible. Un peu comme regarder une femme nue sur un écran. Penser qu’on la comprend, mais comment le pourrait-on ? Comment pouvais-je me mettre à la place d’une écrivaine ayant succombé à des nausées matinales dans un presbytère du Yorkshire dans les années 1850 ?
Charlotte Brontë était en colère, toutefois. Ça, je peux le comprendre. La vie ne lui réservait rien de plus : paf, la fin. Après sa mort, son père a découpé ses lettres et ses manuscrits pour les envoyer à des admirateurs désespérés qui voulaient un morceau de son écriture. Un mot, une note, n’importe quoi. J’aurais été en colère, moi aussi.

***

Dylan n’est jamais monté me rejoindre. Ce matin, il est sorti, peut-être pour se rendre à une rencontre de vétérans souffrant de stress post-traumatique, sauf qu’il ne souffre pas de stress post-traumatique. Il me dit qu’il y va seulement pour passer le temps et boire du café. C’est généralement ce qu’ils font là-bas, de toute façon.
Une colère monstrueuse éclate soudainement en moi ; je vais m’écrouler et mourir sur le plancher de la cuisine, les dents serrées. Je sens mon pouls cogner dans ma tête et dans mon cou. Je dois me pencher au-dessus de l’évier et faire couler de l’eau glacée sur mon crâne.
Ce que je veux c’est — c’est le ramener d’où il est parti, d’entre les morts, même s’il n’est pas mort. Je veux découper tous ses vêtements pour en faire des poupées vaudoues, le secouer, le plonger sous l’eau, le réassembler. Mais il n’est pas brisé non plus. Voilà le problème. Il m’a simplement embrassée, est monté dans la voiture et est parti à une vitesse raisonnable, comme une personne parfaitement normale.

***

Je sors me promener avec le chien. Dans le voisinage, des citrouilles sont posées sur les marches de quelques maisons. Au bout de la rue, deux fillettes qui portent des masques de sorcière identiques courent sur leur pelouse. L’une d’elles tient un balai Barbie en plastique rose au-dessus de sa tête et crie Aaaaaahhh.
Est-ce que Barbie fait son propre ménage ? Le chien jappe après la fillette, ou le balai. Il n’a pas jappé du tout quand Dylan est revenu, même si ça faisait plus d’un an qu’il était parti.
La plus petite des deux trébuche sur une chaise de jardin et pousse un vrai cri, mais n’enlève pas son masque. L’autre se penche et la regarde à travers les trous de son propre masque. Peut-être que Dylan a un nouveau visage. Peut-être que ce n’est pas Dylan. Peut-être qu’il est possédé. Est-ce qu’il y a des sorcières en Afghanistan ?
La petite fille continue à hurler. Je tousse. J’ai froid à la tête. L’odeur vaguement fumée de l’air envahit mes poumons. Je repense aux guêpes, qui travaillent en silence, sans s’arrêter, qui mâchent du bois pour en faire du papier, qui transforment les choses.
Le chien gémit. Nous nous remettons en marche. C’est alors que Dylan passe lentement à côté de nous en voiture, comme s’il cherchait quelque chose. Je sens son regard me traverser comme un rayon X. Je me sens disparaître. Une fille qui porte un béret vert marche devant et Dylan lui fait discrètement un salut de la main. La fille fait de même. Elle a l’air d’avoir seize ans. Peut-être quinze. Voire moins.
La voiture s’arrête presque complètement. Les roues grincent. Dylan est tourné vers la fenêtre et il semble articuler des mots. Mais quels mots ? Amour ? Quoi ?
Un véhicule pour les expériences. Comme quoi ? Comme ça ? Je le vois maintenant : Dylan, il aime être transformé par la guerre et le sable dans ses fissures. Il est heureux et c’est un bonheur que je ne peux pas atteindre, que je ne peux pas comprendre.
La fumée d’une cheminée s’élève dans le ciel, et je pense à toutes ces personnes laissées derrière, qui prient pour leurs proches morts pendant la Première Guerre et qui tentent de les rejoindre lors de séances de spiritisme. As-tu quelque chose à me dire ?
Je pense aussi au vieux père de Charlotte Brontë qui découpe tout ce qui lui reste d’elle et je comprends. Je comprends. Vraiment.

Witching

Alix Hawley

The second he came back he was different, although who else would have read it in him? The walk was his, the skin was his. The long face and dark hair and old, mildly surprised expression. He came out of the depth of the arrivals tunnel and stood in the airport fluorescence smiling, and the smile was mine, for me. He kissed me, he smelled the same. I waited. I waited.
Anybody would be changed. Read the stories of Vietnam. Those men who came back in pieces, legs off, eyes gone, not talking. Not just the ones who’d had their jaws blown away. Nobody talked. If pressed, they’d say there was nothing to talk about. If pressed harder, they’d say there was a lot of mud. That’s all you’d get out of them, the mud.
I read a lot of those accounts before he came home. I felt like a student with a final exam looming.
I can’t get much more out of Dylan. Except there wasn’t mud in Afghanistan. Sand. Sand in your eyes and your mouth and all the crevices of your body. That’s what he’d say. The word crevices was startling, weirdly tender, coming from him. He’d obviously thought it out.

***

I keep thinking of the first plastic surgeries. Not the very earliest messes, the glass balls as breast implants, corpse ears stitched to living earless heads. I’ve read about those, too. But I mean the ones after the assorted horrors of World War I. The man missing his face after being burned to the bone. He got a wide strip of his chest cut out and slapped into rebirth as forehead and eyelids and nose. They kept the band attached to his torso with long tentacles of flesh until the blood supply was established. You could see the doctors’ frustration with their material. It puckered, it glowered, it wouldn’t lie the way they wanted it to lie.
Dylan is physically fine. He has a small blister on his heel that won’t close up. It weeps like an eye. He lets me put Band-Aids on it for him. He lets me do everything. He still goes running, he still eats tuna sandwiches, he folds his shirts in the same squares. But part of him is – misplaced. I think that’s what I mean. I look at him, and some kind of threads are holding him down, as if he were a balloon in a parade, and the parade is in the desert, going on and on through the golden light and sand. Moving away forever. He doesn’t twitch, he doesn’t sit around hollow-eyed. He’s fine, he’s completely fine. He just comes out with odd words sometimes, a little British or something else, unlike him. Crevices. Trousers. Sport. My heart laid bare.

***

I mean, you can watch The Exorcist and believe in the spinning head, but even churches say possession isn’t real, it’s a metaphor for something, being lost to God maybe. Dylan isn’t lost, he’s right here in his sweatpants, or sweat trousers, laying his heart bare. Or not. When he hugs me with his long arms, I know the hug and the arms, the sparse black hair on them and the backs of the hands, the pats and the love yous. His head doesn’t spin, he’s calm, he watches hockey with his feet up on the back of the couch, the same as ever. But in my mind I keep seeing a wasp nest, a grey papery shell, full of building and buzzing in some insect language. I have no idea what it means.
He doesn’t move in his sleep. He says he doesn’t have nightmares. He doesn’t have dreams at all. He breathes steadily all night. I ask him about his sleep in the morning and he just smiles and stretches, clear-eyed as a kid.
Late last night he was on the couch with the dog and his laptop. When I came downstairs, I could see the screen, the naked women looking skilled and efficient at what they were doing to each other. Nothing weird. I said hi, and he turned around and smiled his old smile at me and went back to watching. I said, Come to bed.
He said, Look at this. Bodiless romance.
I said, I see plenty of bodies. Come on, it’s late.
The women moved their limbs slowly, as if they were trapped in honey. Dylan said, The bodies don’t matter. They’re not the point.
Not the point of porn? What are you talking about?
I sat on the back of the couch and touched his shoulder. I said, Dylan – did you see bodies in Afghanistan?
He turned and looked at me, his face glowing blue in the laptop light. He said, Bodies are never the point. They’re just vehicles for experiences.
This felt like a breakthrough. Before he shut his mouth, I climbed over the couch to kneel by his feet. I put my hand on his leg and said, Sweetheart, I’m here. You’re home. We can talk. You can tell me everything.
He was still smiling, except it had turned puzzled, a little pitying. He said, Sure, Melly. I’m going to stay down here for a while, ok?

***

Bodiless romance. I heard, all right. I sat up in bed alone. He used to call me Melly when we first got together, like I’d popped all saintly out of Gone with the Wind.
I tried to read a big novel. I thought about when I was young and obsessed with the Brontës, more with their lives than their novels. Jane Eyre and Mr. Rochester left me pretty cold. But I’d thought a lot about Charlotte Brontë dying, the last of her young siblings, unable to believe she was going now that she was happy, married and pregnant at last. I’d cried a little at the time, reading about that. Why?
Maybe that’s what Dylan was talking about. A wishful connection with somebody else, somebody real but impossible. Like watching them naked on a screen. Feeling like you understand them, although how can you? What did I know about being a writer dying of morning sickness in a Yorkshire parsonage in the 1850s?
Charlotte Brontë was angry, though. I got that. Life had no other plans for her: boom, the end. When she was dead, her dad cut up her letters and manuscripts to send to desperate fans seeking a piece of her handwriting. Any word, any mark, any piece of her. I’d be angry too.

***

Dylan didn’t come upstairs at all. This morning he’s gone off somewhere, maybe his veterans’ PTSD group, except he doesn’t have PTSD. He just likes to go and hang out and have coffee, he says. That’s mostly what they do there.
Now I’m so full of huge, startling rage, I’m going to collapse and die on the kitchen floor with my teeth bared to the gums. My pulse bangs in my head and my neck. I have to lean over the sink and run the tap icy onto my scalp.
What I want is – I want to drag him back from wherever he’s gone, from the dead, only he’s not dead. I want to cut all his clothes into voodoo pieces, shake him, duck him underwater, reassemble him. Only he’s not broken either. That’s the problem. He just kissed me goodbye and drove off at a normal speed, like a perfectly reasonable person.

***

I take myself and the dog for a walk. A few of the neighbourhood houses have pumpkins squatting on their front steps. Up the block, two tiny girls are running around their yard in identical witch masks. One is holding a pink plastic Barbie broom above her head and screaming Yaaaahhhh.
Does Barbie do her own sweeping? The dog barks at the girl, or the broom. He didn’t bark at Dylan at all when he came back, even though it had been more than a year.
The smaller girl falls over a lawn chair and howls for real, but she doesn’t pull off the mask. The other crouches to peer at her through her own eye-holes. Maybe Dylan has a new face. Maybe he isn’t Dylan. Body-snatched. Are there witches in Afghanistan?
The little girl goes on howling. I cough. My head is cold. The air swarms faintly smoky into my lungs. I think again of wasps, building away quietly, chewing wood into paper, making things into other things.
The dog whines. We walk. And Dylan drives past now, going very slowly up the street, watching for something. I feel his eyes pass through my body like X-rays. I feel myself vanish. A girl in a slouchy green cap is walking ahead and Dylan raises his hand, a small, private salute. The girl does the same. She looks about 16. Maybe 15. Maybe less.
The car nearly stops. The wheels grind forward, Dylan’s mouth shapes words at the window. What words? Love? What?
Vehicles for experiences. Like what? Like this? Dylan. I see it now, how he loves being transformed by the war and the sand in his crevices. He’s happy and it’s a happiness I can’t reach. I can’t see around it.
Chimney smoke threads into the sky and I think of all the people ever left behind, praying for their World War I dead, trying to contact them through mediums in twilit parlour séances. Don’t you have anything to tell me?
I think, too, of Charlotte Brontë’s old dad cutting up all he had left of her and I get it. I get it. I do.

Alexis Legault a étudié la littérature comparée et la traduction à l’Université de Montréal. Sophie Giroux-Tremblay détient un baccalauréat en études internationales à l’Université de Montréal et un certificat en traduction à l’Université McGill. Traducteurs professionnels, ils habitent tous deux à Montréal.

Originaire de la Colombie-Britannique, Alix Hawley a remporté le Prix de la nouvelle de CBC en 2017 pour « Witching ». Elle a publié deux romans : All True Not a Lie in It (2015), lequel était en lice pour le prix Scotiabank Giller, et My Name Is a Knife (2018).